Les projets de tramway électrique en Guadeloupe : état des lieux en 2027

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March 24, 2026

Le défi des transports en commun en Guadeloupe

L'agglomération pointoise, qui regroupe Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Baie-Mahault, Le Gosier et Sainte-Anne, concentre plus de la moitié de la population guadeloupéenne. Chaque matin, des dizaines de milliers de véhicules convergent vers les zones d'emploi du centre, provoquant des embouteillages chroniques sur les routes nationales. Le réseau de bus existant, malgré les efforts récents de restructuration, peine à offrir une alternative crédible à la voiture individuelle.

C'est dans ce contexte que le projet de transport en commun en site propre (TCSP) électrique a été relancé. Après des années de discussions et de reports, le projet connaît une accélération significative depuis 2025, avec l'intégration d'une dimension électrique qui n'était pas prévue dans les versions initiales.

Le tracé du TCSP électrique

La ligne principale

Le tracé retenu s'étend sur 23 km entre Baie-Mahault et le centre-ville de Pointe-à-Pitre, avec une extension vers Les Abymes. La ligne dessert les principales zones d'activité économique de Jarry et de la Dothmare, le centre hospitalier, l'université et les quartiers résidentiels des Abymes. Le parcours comprend 32 stations réparties tous les 500 à 800 mètres, offrant un maillage fin du territoire.

Le choix du bus à haut niveau de service électrique

Après étude comparative entre tramway sur rail et bus à haut niveau de service (BHNS), c'est la solution BHNS électrique qui a été retenue. Les bus articulés électriques de 18 mètres circulent sur des voies dédiées, avec priorité aux feux et stations aménagées. Cette solution offre la même régularité qu'un tramway avec une flexibilité supérieure et un coût d'infrastructure inférieur de 40 à 60 %.

La technologie électrique retenue

Recharge par opportunité aux terminus

Les bus électriques seront équipés de batteries de 400 à 500 kWh et rechargés par pantographe inversé aux stations terminus. Cette recharge flash de 5 à 10 minutes entre chaque rotation permet de maintenir un niveau de batterie suffisant tout au long de la journée. La nuit, une recharge lente complète au dépôt restaure la pleine capacité.

L'alimentation énergétique

Le dépôt de bus, situé dans la zone de Jarry, sera équipé d'une ombrière photovoltaïque de 500 kWc et d'un système de stockage stationnaire de 1 MWh. Cette installation couvrira environ 30 % des besoins énergétiques de la flotte, le complément provenant du réseau avec un contrat d'électricité verte. L'objectif est de démontrer qu'un transport en commun structurant peut fonctionner largement à l'énergie solaire en milieu tropical.

Les bénéfices attendus pour la mobilité guadeloupéenne

Fluidification du trafic

Le TCSP devrait capter entre 30 000 et 40 000 voyageurs par jour, retirant autant de voitures des axes routiers saturés. Le temps de parcours entre Baie-Mahault et Pointe-à-Pitre, qui peut dépasser une heure en heure de pointe, sera ramené à 35 minutes avec le BHNS électrique. La régularité du service, garantie par les voies dédiées, constitue un argument décisif pour convaincre les automobilistes de changer de mode de transport.

Amélioration de la qualité de l'air

Le remplacement de dizaines de milliers de trajets automobiles quotidiens par des déplacements en bus électrique aura un impact mesurable sur la qualité de l'air dans l'agglomération pointoise. Les stations de mesure de Gwad'Air devraient enregistrer une baisse significative des concentrations de dioxyde d'azote et de particules fines le long du corridor de transport.

Complémentarité avec le véhicule électrique individuel

Le projet intègre une dimension multimodale avec la création de parkings relais équipés de bornes de recharge pour véhicules électriques aux stations périphériques. Les conducteurs de VE pourront garer leur voiture, la mettre en charge, et emprunter le BHNS pour rejoindre le centre-ville. Trois parkings relais de 200 à 500 places sont prévus à Baie-Mahault, aux Abymes et au Gosier.

Calendrier et financement

Le projet est estimé à 350 millions d'euros, financés par l'État (40 %), les fonds européens FEDER (30 %), la Région Guadeloupe et la communauté d'agglomération (30 %). Les travaux d'infrastructure devraient débuter en 2028 pour une mise en service progressive à partir de 2031. La phase préparatoire actuelle comprend les études techniques détaillées, les procédures foncires et les consultations publiques.

Pour les Guadeloupéens, ce projet représente bien plus qu'une infrastructure de transport. C'est un signal fort de modernisation du territoire et un complément naturel à l'électrification de la mobilité individuelle qui est déjà en marche dans l'archipel.

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