La Réunion développe un réseau de bornes de recharge pour vélos électriques
Le vélo électrique, phénomène de masse à La Réunion
Le vélo à assistance électrique (VAE) connaît une croissance spectaculaire à La Réunion. Le relief montagneux de l'île, longtemps un frein à la pratique du vélo, devient avec l'assistance électrique un formidable terrain de jeu. Le nombre de VAE vendus sur le territoire a triplé entre 2024 et 2026, porté par les aides à l'achat régionales et une prise de conscience des bienfaits de la mobilité douce.
Cette explosion des usages crée un besoin nouveau : disposer de points de recharge accessibles le long des parcours, sur les lieux touristiques et dans les centres-bourgs. La Réunion structure désormais un véritable réseau de bornes de recharge dédiées aux vélos électriques.
Les différents usages du VAE sur l'île
Le vélotaf en milieu urbain
De plus en plus de Réunionnais utilisent le VAE pour leurs trajets domicile-travail. À Saint-Denis, Saint-Pierre et Le Tampon, les pistes cyclables se développent et les employeurs sont incités à installer des parkings vélos sécurisés avec prises de recharge. Le forfait mobilités durables, pouvant atteindre 800 euros par an, encourage cette pratique. Avec un VAE, les trajets de 10 à 15 km qui auraient été dissuasifs en vélo classique en raison du relief deviennent agréables.
Le VTT électrique dans les Hauts
Le VTT à assistance électrique (VTTAE) a révolutionné la pratique du vélo de montagne à La Réunion. Les sentiers des Hauts, les pistes forestières et les chemins entre les cirques sont désormais accessibles à un public beaucoup plus large. Les prestataires de location de VTTAE se multiplient autour de Cilaos, Salazie et dans les Plaines. Ces usagers ont besoin de pouvoir recharger leur batterie en cours de randonnée pour les parcours les plus longs.
Le cyclotourisme
La Réunion s'établit comme une destination de cyclotourisme électrique. Les tours de l'île en VAE, avec étapes dans les gîtes et chambres d'hôtes, attirent un public sportif mais aussi familial. Les tour-opérateurs proposent des circuits de 5 à 7 jours avec un véhicule d'assistance qui transporte les bagages. La disponibilité de bornes de recharge aux étapes conditionne directement la faisabilité de ces circuits.
Le réseau de bornes en déploiement
Les bornes en libre-service
Le Conseil Régional a lancé un programme d'installation de 200 bornes de recharge pour VAE sur l'ensemble du territoire d'ici fin 2027. Ces bornes, de type casiers sécurisés avec prises intégrées, permettent de recharger la batterie en toute sécurité pendant que le cycliste profite du site. Chaque borne offre 4 à 8 points de charge et un système de verrouillage individuel. La recharge est gratuite dans un premier temps, financée par la Région dans le cadre de sa politique de mobilité durable.
Les emplacements stratégiques
Les bornes sont implantées en priorité sur les sites touristiques majeurs (Maïdo, Piton de la Fournaise, cascades, points de vue), dans les centres-bourgs des communes traversées par les itinéraires cyclables, aux gares routières pour faciliter l'intermodalité vélo-bus, et sur les campus universitaires et les zones d'activité économique. Chaque borne est signalée par une signalisation dédiée et référencée sur une application mobile gratuite.
Les bornes solaires autonomes pour VAE
Dans les zones éloignées du réseau électrique, des bornes solaires autonomes spécifiques aux VAE sont déployées. Plus compactes que celles destinées aux voitures, elles intègrent un panneau solaire de 500 W à 1 kW et une petite batterie de stockage de 2 à 5 kWh. Cette capacité suffit pour recharger 10 à 20 batteries de VAE par jour. Le départ de sentiers de randonnée, les gîtes isolés et les belvdères bénéficient en priorité de ces installations.
L'impact sur le tourisme et l'économie locale
Le développement du réseau de recharge pour VAE crée un cercle vertueux pour l'économie touristique réunionnaise. Les loueurs de vélos électriques voient leur activité croître, les gîtes et restaurants situés sur les parcours cyclables attirent une nouvelle clientèle, et les guides de montagne diversifient leur offre avec des sorties en VTTAE.
La Région estime que le développement du cyclotourisme électrique pourrait générer 500 emplois directs et indirects d'ici 2030. Les retombées économiques pour les communes traversées sont significatives : un cyclotouriste dépense en moyenne 80 à 120 euros par jour en hébergement, restauration et activités, soit davantage qu'un touriste motorisé qui traverse les mêmes zones sans s'arrêter.
Les perspectives
La Réunion ambitionne de devenir la première destination française du cyclotourisme électrique tropical. Le maillage de bornes de recharge constitue la colonne vertébrale de cette stratégie. Couplé au développement des pistes cyclables et à l'amélioration de la sécurité routière pour les cyclistes, ce réseau transforme le relief exigeant de l'île en atout plutôt qu'en obstacle pour la mobilité douce.
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